Créabuse ou comment me retrouver

Troisième et dernier volet de la série « Mon parcours avant Créabuse ».

Dans De la théorie à la plonge, je terminais sur un constat : après six mois à refaire le même métier qu’avant, quelque chose ne fonctionnait plus.

La pratique est revenue dès le premier rendez-vous, mais elle a aussi déclenché un tourbillon de remise en question.

Je me suis alors aperçue de deux choses.

La première était plutôt rassurante : les réflexes étaient là.

J’ai quand même dû réajuster mon attitude, encore trop influencée par la vente de mon entreprise. On n’est pas là pour projeter ses problèmes sur ses porteurs et porteuses de projet. 

La seconde était plus dérangeante : je ne voulais plus travailler avec des personnes qu’il fallait porter à bout de bras. Je m’étais battue pendant des mois pour maintenir mon entreprise à flot. Et j’avais parfois en face de moi des gens qui clairement ne créeraient jamais rien, parce qu’ils attendaient qu’on leur dise quoi faire, voire qu’on fasse à leur place. (Je vous rassure, ce n’était pas la majorité.)

Je n’étais pas dans le bon état d’esprit pour ça. Le public ne me correspondait plus.

Et pourtant, j’adorais toujours apporter des réponses, aider les gens à réfléchir, ouvrir le champ des possibles. Mais j’avais besoin d’avancer vers autre chose. Mais quoi ?

« Et si vous faisiez… du conseil ? »

Apprendre de nouvelles choses a toujours été un moteur pour moi, j’étais donc pleine d’entrain et d’excitation à l’idée de me reconvertir.

Mais pour cela, j’avais besoin d’un regard extérieur. Je suis allée voir l’APEC pour réaliser un bilan professionnel.

Résultat du bilan : j’étais bonne pour faire… du conseil. (Mais euh…)

Du conseil, oui, mais en changeant de public.

Je n’étais pas prête à entendre cela à ce moment-là.

Créabuse découvre le résultat de son bilan professionnel indiquant “faire du conseil”, avant de transformer cette piste en projet de blog sur la création d’entreprise.

Quand on vient de fermer quelque chose qu’on a construit pendant quatre ans, « revenir » au conseil ressemble un peu à admettre qu’on régresse.

En attendant de digérer tout ça, j’ai contacté une ancienne collègue pour un emploi temporaire et sans prise de tête. Elle savait comment je travaillais, elle a accepté avec plaisir. Ça m’a permis de mettre de l’ordre dans mes idées sans me préoccuper de l’aspect financier.

À la fin du contrat, retour à la case recherche d’emploi…

Résumons : je suis faite pour faire du conseil, aider les autres ne me déplaît pas, au contraire. Le problème vient plutôt des projets trop en amont.

Donc changeons de type de structure ! (Restons pragmatiques.)

Changement de posture

Les places sont rares dans ce domaine, et les candidats et candidates très nombreux. J’ai fini par trouver un poste dans une structure de garantie sur prêt bancaire.

Je changeais complètement de posture : je passais de celle qui aide à monter les dossiers à celle qui juge s’ils sont viables. Je savais que j’allais devoir me faire violence. Donner un refus à quelqu’un n’est jamais évident. (En vrai, je suis plutôt très critique quand un dossier n’est pas complet et maîtrisé.)

Sauf que… on ne se refait pas !

Je finissais par donner des conseils aux porteurs et porteuses de projet pour que les dossiers passent. Et ce n’était clairement pas ce qu’on me demandait.

Je ne me sentais pas en adéquation avec le poste, je ne suis donc pas restée.

Le problème, ce n’était pas le métier

La recherche a donc repris, plutôt confiante et toujours dans l’optique d’évoluer professionnellement.

Toutefois, les entretiens s’enchaînaient et certains me laissaient un goût amer.

Qu’on fasse du business, je n’ai aucun souci avec ça. Mais il y a des attitudes que je ne peux pas laisser passer. Respecter ses clients et son équipe est le minimum, donc certains propos m’ont fait sauter au plafond.

À force d’enchaîner les « ça ne me correspond pas », un trop-plein s’est installé.

Le déclic

En parallèle de ma recherche d’un nouveau poste, j’avais commencé à donner des « cours » à une ancienne collègue qui voulait comprendre le montage d’un projet.

Elle n’était pas conseillère, elle voulait juste comprendre comment ça fonctionnait.

Comme j’avais déjà eu des stagiaires et des services civiques, ça me paraissait naturel d’expliquer mon métier. Et ça me faisait plaisir de le faire.

Et en préparant nos entretiens, petit à petit, quelque chose a émergé.

L’idée du blog prend forme

C’est là que l’idée du blog est arrivée.

Je voulais donner des conseils concrets aux porteurs et porteuses de projet.

Mais aussi, parler de ce que j’entends comme « bonnes pratiques » dans notre profession, ces choses qu’on oublie ou qu’on n’apprend jamais (après recherche, il n’existe quasiment aucun site qui parle de notre métier).

Et enfin, partager des retours d’expérience, parce que tout n’est pas rose dans l’entrepreneuriat et que ce sont encore les entrepreneurs et entrepreneuses qui en parlent le mieux.

Je ne suis pas rapide mais j’assume

Ayant déjà écrit des articles dans une autre vie (celle du jeu de société), je me suis dit que créer un blog du début à la fin, ça ne devrait pas être si compliqué.

Créabuse tire le fil “Créer un blog” et découvre une pelote de réglages techniques : sécurité, plugins, thème, cookies, SEO et Gravatar.

Ça, c’est ce qu’on se dit au début. Quand on commence à réaliser l’étendue de la technique derrière, on déchante vite. Heureusement que l’IA m’a aidée sur cet aspect. (Enfin, « aidée »… elle m’a aussi fait tourner en rond un certain nombre de fois. Mais à force, on est arrivées au bout.)

Sauf que les finances personnelles ont eu leur mot à dire. J’avais mis fin à ma période d’essai, donc pas d’indemnités chômage. Et pour retrouver mes droits, j’avais besoin de retravailler.

J’ai donc pris un poste de… conseillère en création d’entreprise, pour des demandeurs et demandeuses d’emploi en tout début de projet, dans un cadre très restreint.

Quand on n’a pas le choix…

Ces six mois ont été vraiment douloureux. Mais j’avais un objectif clair en tête et comme toujours, toute expérience permet d’en tirer des leçons. J’en ai profité pour développer l’idée de mon projet en l’adaptant aux besoins réels que les porteurs et porteuses de projet faisaient remonter au cours de leur accompagnement.

Illustration du parcours d'une conseillère en création d'entreprise : retour au conseil, bilan pro, mauvais rôle, envie de transmettre, naissance du blog Créabuse.

Et voilà Créabuse

Après quelques semaines de congé, j’ai repris la conception du blog. (Décidément, la technique et le graphisme ne sont pas mon truc.)

L’idée est de parler de conseil en création d’entreprise de façon ni institutionnelle, ni en mode marketing ultra performé.

La plupart des créateurs et créatrices d’entreprise sont comme moi : ils ne cherchent pas tous à dominer le marché et à dépasser leurs limites. Ils veulent surtout trouver un sens à ce qu’ils font, travailler avec leur méthode et leurs valeurs.

Créabuse, c’est ma façon de dire les choses telles qu’elles sont, sans vendre du rêve et sans casser l’espoir non plus.

Créabuse est née d’une idée simple, petit à petit l’idée grandit et évolue avec moi.

L’important est d’arriver à faire ce que l’on veut, peu importe la forme que cela prend et le temps que cela met.

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