Accompagnement en création d’entreprise : ce que vous venez chercher et ce que vous allez trouver

Une partie seulement des créateurs et créatrices d’entreprise sont accompagnés avant de se lancer. C’est dommage, quand on sait ce qu’un accompagnement peut vraiment apporter : une vision extérieure sur votre projet, une méthodologie pour avancer étape par étape, des informations sur les dispositifs existants, et quelqu’un pour vous aider à prendre une décision éclairée qui n’est pas forcément celle de créer à tout prix.

Parce que « accompagnement en création d’entreprise », ça ne veut pas dire « quelqu’un qui va valider votre idée ». Ça veut dire un échange pour clarifier votre projet, identifier ce qui manque, et comprendre vers quels experts ou quelles structures vous orienter.

Il y a ce que vous venez chercher et ce que vous trouverez vraiment.

Ce que vous venez chercher

Vos raisons pour commencer un accompagnement sont très diverses.

Que ce soit par obligation parce que votre référent France Travail ou RSA vous l’a prescrit, ou parce que vous avez une idée floue et que vous voulez la développer, en passant par le fameux « mon voisin est auto-entrepreneur… »

J’ai rarement vu un projet ficelé qui ne demandait qu’à être purement validé. Pourquoi cela ? Parce qu’en général, vous vous concentrez sur une problématique principale et que vous avez tendance à négliger le reste.

Et si on parlait un peu de vos chiffres ?

Je me rappelle de deux jeunes qui sortaient d’école de commerce avec un super projet, tout bien rédigé, avec des jolis visuels, des jolis graphiques en camembert, vingt pages de présentation, une page de tableau financier, une activité à cinq ans à plusieurs millions d’euros…

Et bien sûr, ils voulaient un financement pour lancer tout ça.

« On peut revenir sur vos chiffres ? Parce que je n’ai pas beaucoup de détails dans votre dossier. »

Je vous passe les investissements dignes d’une multinationale. Bref, le dossier était très beau visuellement, mais c’est tout.

Des débuts d’entretien variés

La plus commune : « Bonjour, je voudrais être micro-entrepreneur ! » « Je vois, avant cela, quel est votre projet ? »

La deuxième plus fréquente : « Bonjour, je voudrais me mettre à mon compte, mais je ne sais pas vraiment comment m’y prendre. »

Et enfin, la dernière du podium : « Bonjour, j’ai un projet mais je ne sais pas comment le financer. »

Et l’outsider : « Bonjour, j’ai envie de me mettre à mon compte, mais je ne sais pas si c’est fait pour moi. »

Évidemment, il y a autant de questions que de personnes.

Il va de soi que je réponds à la question qui vous tracasse le plus, ou je travaille avec vous dessus. Vous laisser sur votre faim ne créerait qu’une frustration inutile. Mais une fois cela fait, le vrai accompagnement commence.

Ce qu’un accompagnement peut vraiment apporter

accompagnement en création d'entreprise, Créabuse aide un porteur de projet à trier ses questions entre clarification, vérification et orientation

Personnellement, j’aime bien commencer mon approche par un schéma rapide qui reprend les différentes étapes à réaliser. Pas pour faire peur, mais pour que la personne visualise rapidement les interactions entre chaque étape et que sa préoccupation du moment n’est peut-être pas la prioritaire.

Toutes ces étapes à réaliser peuvent faire peur, mais le conseiller est là justement pour vous aider à les réaliser une par une.

Il va aussi être un peu pénible en vous questionnant et vous obligeant à prendre du recul sur vos décisions, et parfois en mettant le doigt où ça fait mal.

À la différence de vos proches, il est neutre, il n’aura pas le côté affectif de ces derniers qui seront soit trop « gentils » soit trop « critiques. »

Il vous permettra aussi de faire le tri entre toutes les informations que vous avez pu trouver sur internet ou entendu par vos connaissances.

Mais également de vous donner les dernières réglementations ainsi que des contacts et des réseaux à solliciter en fonction de vos besoins.

Vous l’aurez compris, l’accompagnement à la création d’entreprise est là pour balayer tous les aspects d’un projet, même ceux qu’on ne veut pas voir, sans parler de ceux qu’on ne soupçonne même pas.

Ce qu’un accompagnement ne fait pas

Par contre, un point important qu’il faut bien garder en tête, c’est que le conseiller en création d’entreprise ne fera pas à votre place.

Il s’agit de votre projet, de vos décisions qui vont influencer votre vie. Il est important que vous gardiez la compréhension et la maîtrise de tout le process.

Le rôle du conseiller ou de la conseillère est de vous donner les outils et les informations nécessaires à cette prise de décision.

Généraliste, pas expert : la nuance qui change tout

Si vous avez bien suivi, le conseiller est là pour vous guider et vous donner les outils nécessaires à l’évolution de votre idée, toutefois, il y a un point qui porte souvent à confusion : il n’a pas la casquette « expert ».

Un conseiller en création d’entreprise est un généraliste, il a une vue globale sur votre projet mais aussi sur l’écosystème entrepreneurial qui pourra vous servir.

Outils, réglementations, mécaniques, financeurs, experts : il se tient régulièrement au courant de toute l’actualité et du rôle de chacun pour vous apporter une réponse la plus pertinente possible. (Et ce n’est pas de tout repos, car cela change tout le temps !)

C’est pourquoi, quand le besoin s’en fait sentir et que les conditions l’exigent, il vous redirigera vers l’interlocuteur le plus adapté pour vous.

Un deuxième aspect important : légalement, il n’a pas le droit de rédiger des statuts juridiques. Seuls les avocats et les notaires peuvent le faire sans restriction. Les experts-comptables aussi, mais seulement dans le cadre d’une mission comptable, et non pas comme prestation isolée.

Les statuts ont un réel impact sur la vie de votre entreprise, mieux vaut les confier à un professionnel qui pense à la fois projet, patrimoine et évolution future. Et l’expert-comptable ne s’arrête pas aux statuts ou au bilan : il peut aussi vous conseiller sur la gestion, ou sur des montages financiers complexes.

Chacun son métier. Chaque expert aura un œil axé sur son domaine d’activité. Le conseiller en création, lui, aura une vision d’ensemble.

L’accompagnement que vous allez recevoir dépend aussi de qui le finance

Vous allez me dire, c’est bien beau, ton beau discours, mais je n’ai pas ressenti cela en me faisant accompagner.

En France, il existe un panel d’aides à la création d’entreprise, la plupart payées par les pouvoirs publics. Et c’est ce point qui change tout.

En fonction du financement que les organismes reçoivent, le cadre de travail ne sera pas le même, car la demande du prescripteur n’est pas la même.

De plus, tout à l’heure, nous l’avons vu, un conseiller n’est pas un expert. Légalement, il y a une frontière qu’il ne doit pas franchir. Les fonds publics ne doivent pas se substituer à une activité privée.

Si vous venez de France Travail

Le résultat est que si vous avez fait une prestation de France Travail, vous avez peut-être l’impression d’avoir effleuré le projet, ce qui est normal. La prestation de France Travail a vocation à travailler principalement sur les motivations du demandeur d’emploi, pour savoir si celui-ci souhaite devenir indépendant ou rester salarié. C’est tout à fait logique, puisque le résultat de la prestation va influencer le positionnement de France Travail sur la suite de votre recherche d’emploi.

En cas de maintien de votre projet entrepreneurial, il vous orientera vers une structure dédiée (BGE pour la plus connue, mais il existe bon nombre de structures locales qui sont tout aussi efficaces).

Les structures locales et leurs propres contraintes

Justement, ces structures locales ont aussi des financements publics, et sont donc soumises aux règles que leur imposent leurs financeurs : travail sur un point précis, nombre d’heures d’accompagnement cadré, typologie de publics, zone géographique restreinte.

D’ailleurs cela fonctionne aussi avec les structures d’aide aux financements : j’ai déjà vu des projets ne pas pouvoir avoir accès à un prêt d’honneur parce qu’ils n’étaient pas dans la bonne commune.

Et si vous passez par le privé

Enfin, vous avez la possibilité de faire appel à un accompagnement privé, avec ou sans financement CPF.

De plus en plus de structures proposent un fonctionnement à double vitesse : financement public, puis prise de relais via votre CPF. L’avantage, c’est de pouvoir finir l’accompagnement avec la même personne qui connaît déjà votre projet.

Vous pouvez aussi choisir d’avoir un nouveau regard sur votre projet, en sollicitant un prestataire payant. Là, le choix est large : les chambres consulaires (CCI, CMA, Chambre d’agriculture), des structures de formation et de conseil spécialisées en création d’entreprise, des réseaux d’entrepreneurs, ou encore certains cabinets d’expert-comptable qui ont développé une cellule dédiée. Certains sont généralistes, d’autres pointus sur un secteur précis.

Gratuit ou payant : savez-vous à quoi vous avez droit ?

Donc, la première chose à vérifier pour vous, c’est à quoi vous avez le droit.

Si vous êtes demandeur d’emploi ou bénéficiaire du RSA, vous avez forcément accès à une prestation gratuite. Même si celle-ci « dégrossit » votre projet, cela vous permettra de monter dans le train et d’avoir accès plus facilement à d’autres prestations, aides ou financement.

Si vous êtes salarié, vous pouvez utiliser votre CPF ou le garder pour une autre formation de reconversion professionnelle. Les structures privées qui acceptent ce type de financement sont encore nombreuses malgré le durcissement de la loi. Plus d’infos sur moncompteformation.gouv.fr.

Toutefois, il faut faire la part des choses entre le « sérieux » de la structure (être référencé CPF est un parcours du combattant) et la qualité de celle-ci (remplir des cases c’est bien pour être certifié, être pertinent, c’est mieux !).

Enfin, vous avez le financement personnel. Vous êtes libre de choisir la structure que vous souhaitez, les points sur lesquels vous voulez travailler et le cadre de travail.

Chacune de ces solutions a ses avantages et ses inconvénients.

Conclusion

Les porteurs et porteuses de projet viennent voir un conseiller ou une conseillère avec des questions précises, ou avec un questionnement plus global sur leur projet. Mais peu s’attendent à repartir avec une feuille de route, une méthodologie, et beaucoup plus de questions qu’ils n’en avaient au départ. C’est pourtant normal, et c’est plutôt bon signe.

Créer à tout prix n’est pas le but. Prendre une décision avec toutes les données réunies pour démarrer ou non une activité, ça l’est.

Et pour ça, encore faut-il trouver la bonne personne pour vous accompagner. Quelqu’un en qui vous avez confiance, qui correspond à votre façon de fonctionner, et qui vous aide à avancer, quelle que soit la décision finale.

À retenir

  • Un accompagnement en création d’entreprise ne valide pas un projet, il vous aide à prendre une décision éclairée, que ce soit pour créer ou pour ne pas créer.
  • Le conseiller ou la conseillère est un généraliste qui a une vue globale et vous oriente vers le bon interlocuteur selon votre besoin.
  • Le type d’accompagnement que vous recevrez dépend souvent de qui le finance : demandeur d’emploi, salarié avec CPF ou financement personnel n’ouvrent pas les mêmes portes.
  • Le bon accompagnement n’est pas le plus complet ou le plus connu, c’est celui avec lequel vous vous sentez assez en confiance pour poser les questions qui vous gênent.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *